Voici des mots qui fâchent. Prosélytisme est devenu un mot socialement incorrect car il sous-entend une entreprise de conversion qui fait fi de la conscience individuelle.
Évangélisation est un autre mot ecclésialement incorrect. Il sous-entend une façon de convertir au christianisme qui regarde peu sur les moyens.
Ces deux mots revêtent en général un sens négatif car ils remettent en cause la place des religions, et du christianisme en particulier, dans notre société. Aujourd’hui, les Églises et les chrétiens sont politiquement incorrects quand ils interviennent dans la sphère publique. Dénoncer les maltraitances faites aux étrangers, notamment « sans papier », appeller à lutter contre l’individualisme et à vivre selon une éthique du respect des autres, dénoncer les injustices entre pays riches et pauvres, entre bien et mal soignés, tout cela est mal vu !
Une certaine compréhension de la laïcité enferme la foi chrétienne dans la sphère privée. Bien des chrétiens, et des protestants en particulier, ne se sont pas sentis autoriser à témoigner de leur foi. Aujourd’hui, une personne qui partage publiquement sa conviction chrétienne est vue comme intolérante.
Mais se taire est-il conforme à l’esprit de l’évangile ? La Parole est attendue par de nombreuses personnes qui souffrent d’un manque de repère et sont perdus dans une société de plus en plus dure. Il existe un prosélytisme et un type d’évangélisation qui sont à proscrire. Il existe aussi un prosélytisme de bon aloi et une évangélisation très respectueuse de la conscience des personnes. Quand on a une passion, on a envie de la faire connaître et de faire grandir le groupe qui la partage. Quand on aime son Église, on a envie de partager la Bonne nouvelle et d’agrandir le nombre des croyants.
Notre société est en attente de croyants qui osent « protester » (au sens de protester de sa bonne foi), en témoignant en paroles et en actes de la foi chrétienne et osent « protester » contre tout ce qui avilit l’être humain◼